Lettre du NPA aux Allobroges savoyards

Chères et chers camarades,

Fidèles lectrices et lecteurs des Allobroges Savoyards, le bi-hebdomadaire du PCF 73 auquel le NPA 73 est abonné depuis des années, nous avons lu avec surprise un article signé par Yves Grandjean qui affirme que le PCF 73 a refusé toute alliance avec le NPA pour les municipales, parce que son « élu local professe un anticommunisme militant ». Il nous semble qu’il convient de corriger ce point car, au-delà des quelques divergences que nous pouvons avoir, nous entretenons des relations fraternelles avec les militants du PCF que nous côtoyons dans les luttes. Notre hostilité n’est concentrée que sur les élus qui se réclament de votre parti pour prendre au conseil municipal des positions qui sont en tout point contraires aux vôtres.

Les militants du PCF que nous côtoyons ne s’y trompent d’ailleurs pas : ils savent bien que l’élu au conseil municipal qui exprime leurs idées est celui qui combat les politiques d’austérité menées par les socialistes, et non ceux qui se réclament du PCF mais qui ont voté la suppression de plus de 100 emplois dans les services municipaux et les délégations de service public à de grands groupes capitalistes comme Vinci, Compass ou Suez. La rédaction des Allobroges Savoyards en est d’ailleurs bien consciente : si durant tout ce mandat, elle est restée aussi discrète sur l’(in)activité de ces élus, c’est bien qu’il lui semblait préférable ne pas s’en réclamer !

Disons-le clairement : ces élus vous sont d’autant plus étrangers qu’ils ont en fait été choisis par le PS, puisqu’en 2008 c’est Laclais qui a imposé la candidature de Guy Fajeau au titre du PCF, après avoir refusé celle de Djamel Keriche que vous lui aviez proposée. Durant ce mandat, ces élus ont d’ailleurs agi en électrons libres, travaillant surtout à empêcher tout rapprochement avec le NPA pour ne pas mettre en péril leur idylle avec le PS. Tous les observateurs l’ont en effet noté : leur politique n’a semblé guidée que par un seul objectif, celui de conserver leurs postes d’adjoint.

Ainsi, alors qu’en septembre 2012, les directions locales du NPA et du PCF s’étaient mises d’accord sur le dépôt et le vote d’un voeu commun au conseil municipal contre l’adoption du TSCG, ces élus ont préféré déposer sans votre aval leur propre texte, afin de ne pas avoir à s’opposer au lamentable « traité Merkozy » et risquer de mécontenter alors le PS. De même, lorsqu’en mars 2013 le PCF 73 a publié avec les autres organisations du Front de Gauche un communiqué appelant à s’opposer au budget de Laclais, ces élus ont montré tout le mépris qu’ils avaient pour votre parti et ses militants en votant le budget, après avoir donné des gages à Laclais en expliquant qu’ils n’étaient en rien engagés par la position du PCF.

L’article d’Yves Grandjean parle d’honnêteté et de vérité. Mais la vérité, c’est qu’il fait partie des dirigeants du PCF 73 qui ont conduit votre parti dans une impasse, en refusant d’avoir le courage d’assumer sa rupture avec ces élus. Sous sa direction, le PCF 73 a pris la responsabilité de sortir du cadre unitaire qui se construisait : se déjugeant brutalement, la direction du PCF 73 a été amenée à soutenir au mois de juin la stratégie qu’elle avait publiquement condamnée trois mois auparavant,
lorsqu’elle appelait à s’opposer à la municipalité. Elle a surtout porté un mauvais coup à la vraie gauche qui s’organisait dans un cadre unitaire pour construire une liste d’opposition au gouvernement et à cette municipalité.

La vérité, c’est qu’au lieu de construire avec le NPA, les Alternatifs et les autres organisations du Front de Gauche une véritable opposition de gauche à Laclais et à Hollande, Yves Grandjean aura amené le PCF 73 à faire cavalier seul pour monter une liste de division. Loin de mettre le « cap à gauche », nous savons tous, et vous les premiers, que cette liste n’a d’autre cap que celui que suivent les élus qui la conduisent : le cap d’Hollande et de Laclais. Et vu la violence des attaques que le PS mène aujourd’hui contre les travailleurs et les chômeurs français et étrangers, tant au niveau national que local, il s’agit là d’un bien mauvais coup pour les classes populaires qui ont besoin de l’unité de leurs organisations pour résister aux politiques libérales de ce gouvernement.

En escomptant qu’à titre de droit de réponse les Allobroges Savoyards publieront ce courrier, nous vous transmettons, chères et chers camarades, les salutations de militantEs qui espèrent sincèrement que la direction du PCF 73 saura tirer de ce triste égarement les leçons qui s’imposent et qu’elle se trouvera la prochaine fois du bon côté de la barricade !

Les militantEs du NPA 73