Le projet de nouveau parti anticapitaliste créerait des crispations au Parti Communiste

Si l’on en croit l’article publié par Le Monde d’aujourd’hui (que nous reproduisons ci dessous), le projet de Nouveau Parti Anticapitaliste proposé par la LCR, qui rencontre un certain écho, et pas seulement médiatique, créerait des tensions dans le PCF et également entre le PCF et la LCR.

Nous tenons à souligner qu’en ce qui concerne la Savoie, contrairement à ce qui avait pu arriver par le passé, il n’y a pas de tensions particulières entre nos deux organisations. Bien au contraire, nos directions locales communiquent et se rencontrent sans problème dès que le besoin s’en fait sentir.

Nous avons des désacords politiques qui sont clairs et publics, nous ne souhaitons pas pour notre part participer à un "accord majoritaire à gauche", avec un PS toujours plus social libéral, que le Parti Communiste appelle de ces voeux et nous avons une vision critique de la participations de nos camarades communistes à la cogestion des institutions avec le PS, qui pour nous ne leur laisse que peu ou pas d’autonomie politique, comme c’est le cas au conseil municipal de Chambéry.

Mais ces désaccords politiques, parce qu’ils sont clairement exprimés, ne nous empêchent pas d’avoir des relations fraternelles.La fédération de Savoie du Parti Communiste nous a ainsi invité pour la première fois cette année à tenir un stand à la Fête des Allobroges, ce que nous avons accepté avec plaisir.

Laurent Ripart, conseiller municipal "Chambéry 100% à gauche", a de son côté proposé à ses collègues communistes et apparentés du conseil municipal de rédiger ensemble un voeu contre la privatisation de la Poste. Nous pensons en effet que dans le soutien aux luttes il faut être le plus unis possible, même si dans les élections nous avons, mais pas toujours, comme la campagne contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005 l’a montré, des options différentes.

L’article du Monde :

Obsédé par la concurrence de M. Besancenot, le PCF peine à faire la preuve de son utilité

Menacé par la concurrence croissante d’Olivier Besancenot, le Parti communiste prend peur et se raidit. La fête de L’Humanité, qui débute vendredi 12 septembre à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), est censée être le "rendez vous de la riposte" à Nicolas Sarkozy. Mais Marie-George Buffet s’interroge surtout sur les moyens de répliquer à la concurrence que lui oppose, sur ce terrain, Olivier Besancenot.
Après la débâcle électorale de Mme Buffet à l’élection présidentielle - 1,93 % -, le PCF est de moins en moins audible. Les effectifs sont à la baisse et le moral des troupes en berne. Parallèlement, le succès du Nouveau Parti anticapitaliste se confirme dans les couches populaires, comme auprès des militants syndicaux. Autant de secteurs-clés de la base militante communiste.
Le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire occupe tous les esprits au PCF, au point d’apparaître en filigrane de la plupart des interventions publiques des dirigeants communistes. Lors de sa conférence de presse de rentrée, lundi 8 septembre, Mme Buffet a ainsi expliqué que si le PCF incarnait, lui aussi, "la contestation", il était "un parti qui ambitionne de participer à une majorité de gauche".
Signe du raidissement, le quotidien communiste, L’Humanité, a refusé de publier une tribune de M. Besancenot appelant le PCF à une "campagne unitaire axée sur l’augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux". Dans son édition de mercredi, L’Humanité a livré des extraits commentés de cet appel, en soulignant que la LCR "refuse de s’engager avec les autres partis de gauche pour une nouvelle majorité".

Réactions crispées

Le message consiste à distinguer gauche responsable et gauche de protestation. Et que le PCF peut encore être utile en "parti de la colère" qui assume son aspiration gestionnaire. Pour la cause, les dirigeants de la place du Colonel-Fabien ont repris leurs accents antigauchistes de 1968 : "Nous ne disons pas qu’il faut des manifs, nous les organisons", martèle le porte-parole, Olivier Dartigolles. "Nous, nous ne désespérons pas du changement", renchérit Michel Laurent, membre de l’exécutif.
Ce type de réactions crispées désespère les rénovateurs du parti. "La direction ne peut pas admettre qu’une autre force mette en cause son magistère sur la gauche radicale. Compte tenu de ce qu’est devenu la place du PCF, c’est une réaction dérisoire. Les élections ont tranché", soupire Roger Martelli. Une étude de l’IFOP, réalisée le 10 septembre à partir d’un cumul d’enquêtes, montre que M. Besancenot bénéficie du même niveau de popularité que Mme Buffet auprès des sympathisants communistes (respectivement 85 et 89 %).
Cette année encore, tous les partenaires du PCF seront présents à la "fête de l’Huma". Mme Buffet a donné rendez-vous à François Hollande et Cécile Duflot pour discuter de l’avenir de la gauche. La secrétaire nationale pourra souligner que la grande messe communiste attire du monde. Mais pour combien de temps encore ?

Sylvia Zappi
Article paru dans l’édition du 12.09.08.