Quand Chambéry Métropole subventionne les concurrents de La Poste

Alors qu’une mobilisation syndicale unitaire contre la privatisation de la Poste démarre avec une journée d’action des personnels le 23 septembre, la lecture du dernier n° de "Chambéry Métropole", le journal de la communauté d’agglomération est particulièrement instructive.
Page 10, sous le titre « Côte Rousse : un parc de créateurs », on y apprend au détour de la série d’articles consacrés à la présentation des « 10 grands parcs d’activités économiques de Chambéry Métropole » que l’argent public subventionne directement , et depuis 2000, l’entreprise privée Althus, concurrente directe de la Poste, qui s’est engouffrée depuis la directive européenne de 2006 dans la brèche ouverte par l’ouverture à la concurrence pour les plis de plus de 50 grammes. Le patron, pardon, le « créateur »de cette entreprise, qui contribue à sa modeste échelle à la destruction du service public postal, se réjouit en effet de l’aide apportée par la communauté d ’agglo au développement de sa boite installée dans « le tout nouveau batiment, dans des locaux plus grands et mieux adaptés à son activité », construit aux frais du contribuable. En effet, comme le précise fièrement le rédacteur de l’article, les tarifs de locations sont « souvent plus abordables que dans l’offre privée ». Eh oui, quoi de mieux en effet qu’une communauté d’agglomération, cogérée main dans la main par la gauche plurielle et la droite, pour aider, avec l’argent public, à la destruction des services publics, le tout bien sûr au nom de la création d ’emploi ? Le seul petit détail gênant, c’est que les conditions de travail et de rémunération des salariés de ces entreprises privées comme Althus ou Adrexo n’ont pas grand chose à voir avec celles de l’entreprise encore publique La Poste, qui n’est pourtant pas un modèle du genre ! Pour information, on peut signer en ligne sur le site d’Adrexo une pétition "Pour le libre choix, plus de concurrence pour plus de pouvoir d’achat" pour demander que "soient abolis les monopoles encore en place dans les secteurs des services et de l’énergie afin que les consommateurs français puissent,comme leurs voisins européens,accéder aux bénéfices d’une vraie concurrence".