Succès du week end de mobilisation contre la PAC à Annecy

Pari réussi pour le week end de mobilisation contre le sommet des ministres de l’agriculture à Annecy (voir photos ci-dessous). Un public nombreux et attentif dans les différents ateliers et débats dès le samedi, environ 3000 participants, dont de nombreux membres de la Confédération Paysanne et des délégations d’agriculteurs allemands et suisses, pour la manif du dimanche après midi et une bonne couverture presse. On pouvait également noter la très médiatique présence d’un José Bové en pré campagne européenne, apparement bien remis de son accord avec les partisans du oui à la Constitution de 2005.

Le caractère associatif et parfois trop consensuel de certains débats n’a pas toujours permis de dépasser l’unanimisme qui consiste à critiquer la PAC actuelle sans avancer vraiment sur la remise en cause profonde du système économique et productiviste. La trentaine de militants de la LCR et des comités pour un Nouveau Parti Anticapitaliste présents ont distribué un tract rédigé par la commission agricole du NPA, rappelant que la PAC avait servi à imposer dans l’agriculture la même logique de productivisme, de concurrence et de profit à tout prix que dans le reste de l’économie capitaliste. Au delà des nécessaires mesures d’urgence comme la refonte complète des aides, leur plafonnement par actif et la remise en place d’outils publics de régulation et de planification des productions, la question est bien de sortir de cette logique capitaliste, de ce système qui détruit à la fois les exploitations familiales traditionnelles (les structures petites et moyennes) en France et en Europe et qui ruine les paysans du Sud par le dumping des subventions aux exportations, et ceci pour le plus grand bénéfice des agri managers et des groupes agro-industriels.

Il s’agit d’entrer dans une nouvelle logique écosocialiste qui préserve l’agriculture paysanne, à taille humaine, respectueuse de l’environnement, en France et en Europe et dans les pays du Sud, favorise les modes de production, de transformation et de distribution solidaires et coopératifs et impose un statut de propriété collective des terres.

L’accueil souvent chaleureux des manifestants nous a confirmé dans notre volonté de continuer, dans le nouveau parti, notre travail d’analyse et de réflexion sur les questions agricole ; de même, les discussions avec les militants paysans et écologistes radicaux nous confortent dans la nécessité d’approfondir les convergences entre écologie et anticapitalisme en prenant toute notre place sur ce terrain.