Lutte des classes ou lutte des places, les résultats des votes de la fédération savoyarde du Parti Socialiste

Une fois n’est pas coutume, nous vous recommandons la lecture du blog http://desirsdavenir73.over-blog.com/, qui sert de site local aux partisans de Royal. On y trouve en effet, au milieu de chapelets d’insultes pour le camp d’en face, les résultats détaillés de l’élection du 21 novembre en Savoie, ce qui permet d’avoir une idée de la réalité du parti socialiste dans notre département.

Premier constat : même soldée à 20€, la carte du PS n’attire guère les foules, seuls 376 militants socialistes ont pris part au vote en Savoie. A titre comparatif, 191 militants du PCF 73 ont participé au vote pour le 34ème congrès de leur parti, alors que le poids politique respectif de ces deux partis n’est pas franchement comparable.

Le Parti Socialiste en Savoie comptant un sénateur, une demi-douzaine de conseillers régionaux, une quinzaine de conseillers généraux, une vingtaine de maires, des dizaines d’adjoints et de conseillers municipaux, sans compter de nombreux salariés qui travaillent pour le parti ou ses élus, on peut aisément constater qu’il n’est au fond qu’un club d’élus locaux et de professionnels de la politique, avec un bien faible ancrage dans la société réelle.

On constatera aussi que l’essentiel des forces du Parti Socialiste se trouve dans les villes dont il contrôle les mairies : on trouve ainsi 89 votants à Chambéry et 37 à Montmélian. Ces clientèles municipales mises à part, l’enracinement territorial du PS est remarquablement faible malgré la présence de 15 sections locales revendiquées : on ne trouve que 2 électeurs à Bourg-Saint-Maurice, pourtant la 4e ville du département, et seulement 46 dans toute la Maurienne, ce qui est remarquablement faible pour un parti qui y a été historiquement dominant.

Pour ce qui est des résultats, on constatera que Aubry obtient en Savoie une voix de plus que Royal, ce qui a permis à son camp d’obtenir le poste de premier secrétaire fédéral. Faut-il considérer que l’aile gauche du parti l’a emporté ? La réponse est malheureusement, non comme le montre la personnalité de Stéphane Pillet de Freitas, le nouveau premier secrétaire du PS 73. Ce dernier est non seulement parfaitement inconnu en milieu militant, mais il est aussi totalement étranger aux valeurs de la gauche, comme le montre un article publié dans le Post, dans lequel il affirme son attachement aux valeurs du libéralisme (http://www.lepost.fr/article/2008/05/22/1196562_pourquoi-bertrand-delanoe-peut-etre-liberal-et-socialiste.html).

En conclusion, d’un côté comme de l’autre, le PS se caractérise malheureusement par la même dérive droitière, la même adhésion aux valeurs "libérales". Il n’est plus qu’un parti de notable, gérant fidèlement des institutions aux service des classes privilégiées, et les luttes internes du PS ne constituent plus que des combats d’élus avides de pouvoir, sans aucun lien avec les préoccupation de la majorité de la population et les luttes sociales.

Pour notre part, nous nous adressons aux militants socialistes sincères pour leur proposer, avec notre projet de nouveau parti anticapitaliste, de venir construire ensemble une gauche digne de ce nom, une gauche qui ne renonce pas et qui s’oppose sans complexes aux contre reformes de Sarkozy et du Medef.