Les JO d’hiver de 2018 ? Que se soit à Annecy ou à Grenoble, nous disons non merci !

Dans un entretien récent paru dans le Dauphiné Libéré, Bernadette Laclais, maire de Chambéry, était bien embêtée pour répondre à la question de savoir si elle soutenait plutôt la candidature de Grenoble, dont le maire Destot est membre comme elle du PS, ou celle d’Annecy, les deux villes étant candidates à l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 2018.

En Savoie, nous avons une certaine expérience avec les jeux d’Albertville de 1992 : « Les Jeux doivent payer les Jeux » disait Michel Barnier. Le déficit final, assumé a 25% par le département de la Savoie et à 75% par l’Etat fut officiellement de 280 millions de francs, soit 6,6 % du budget de 4,2 milliards de francs, sans compter les quelques 386 millions prêtés par l’Etat au COJO (Comité d’Organisation des Jeux Olympiques) et jamais remboursés La Cour des Comptes fut envoyée pour enquêter sur les finances des communes en difficultée (Brides les Bains, troisième station thermale française, 600 habitants, 60 millions de déficit, Albertville 31 millions, etc...).

Les emplois liée aux grands travaux d’infrastructure se révélèrent rapidement précaires. On peut dire que les jeux furent l’occasion d’investissement massif d’argent public à fond perdu sans créations d’emploi pérennes, pour le plus grand bénéfice de quelques grandes entreprises du BTP. Même le patronat local dut le reconnaitre, ainsi le président de la CCI (Chambre de Commerce et d’industrie) de la Savoie, Bernard Delcroix :“L’événement était trop grand pour la Savoie et ses PME, qui n’ont pas pu profiter des bénéfices directs des retombées”.

D’un point de vue environnemental, le bilan se révéla également négatif, déboisement, bétonnage, augmentation du trafic routier avec l’appel d’air (pollué !) crée par l’autoroute jusqu’à Albertville et la 2X2 voies jusqu’à Moutiers.

Pour les fédérations de Savoie, de Haute Savoie et de l’Isère de la LCR, Grenoble ou Annecy, la réponse est simple : nous ne soutenons aucune des deux candidatures. En ces temps de crise d’abord financière et maintenant sociale, à l’heure où les salariés sont invités à payer la note à la place des capitalistes et où les plans de licenciements se multiplient partout en France et dans la région, il y a mieux à faire que de gaspiller l’argent public pour des dépenses de prestige qui ne bénéficient qu’à une minorité de privilégiés.

Comme le dit notre camarade Philippe Métral-Boffot, conseiller municipal élu sur la liste "Annecy résolument à Gauche"soutenue par la LCR 74 et Alternative Citoyenne, dans le texte que nous reproduisons ci dessous :"Pour nous, la montagne est d’abord un lieu de vie où nous devons pouvoir vivre et travailler sans avoir à supporter un coût de la vie prohibitif imposé par le tourisme haut de gamme."

Vous pouvez retrouver les informations sur les activités de nos camarades de la LCR et du NPA 74 sur le site www.annecy-resolument-a-gauche.fr (en photo le cortège de la LCR et du NPA 74 dans la manif contre la PAC à Annecy)

Candidature d’Annecy aux JO d’hiver de 2018

Communiqué du groupe "Annecy Résolument à Gauche" au conseil municipal du 29/09/08 :

Il nous est demandé aujourd’hui de confirmer l’engagement du précèdent conseil de poser la candidature d’Annecy aux JO d’hiver de 2018.

Cette consultation interpelle sur le fond et sur la forme.

Avant même de connaître l’avis du conseil, la machine médiatique est lancée. Depuis dix jours, la presse se fait l’écho d’une candidature engagée. Annecy et le Conseil Général diffusent avant toute décision une plaquette luxueuse promotionnelle. C’est la politique du fait accompli !

A ce jour, pour toute information, nous ne disposons que de la plaquette promotionnelle et de l’échéancier du dépôt de candidature.

Cette campagne médiatique nous inquiète déjà quant au contenu de ce que pourrait être l’organisation des jeux et au regard de ce qu’ils sont devenus au fil du temps avec des enjeux financiers, commerciaux qui nous éloignent de l’esprit olympique.

Les coûts des derniers JO sont colossaux. Les seuls chiffres annoncés nous inquiètent par leur manque de cohérence au regard de l’expérience des jeux d’hiver de Turin. Un article de la Stampa du 1er juin 2007 nous apprend que « la commune de Turin accuse un déficit de 3 milliards d’euros dû aux investissements en infrastructures ce qui implique une dépense annuelle de 210 millions d’euros de remboursement de prêts ».

Les JO ont un coût, nous devons le connaître, l’information doit être accessible à tous et compréhensible.

Or, à ce jour, il ne nous a été communiqué que deux estimations qui, au vu des expériences récentes et comparables, ne semblent pas correspondre à la réalité : 350 millions d’euros pour les investissements 1 à 1,5 milliards d’euros pour le fonctionnement Sur quelles bases et pour quelles dépenses ? Quels sont les vrais chiffres ? Même si elles sont sous évaluées, ces sommes donnent déjà une idées des masses d’argent en jeu. Et si déficit il y a, qui paiera, les contribuables annéciens et haut savoyards ?

Combien Annecy compte-t-elle engager dans la démarche de candidature, alors que les chiffres de 20 et 24 millions d’euros circulent en ce qui concerne Grenoble et Gap (qui a jeté l’éponge).

La Haute Savoie « formidable terrain de jeu » dixit la plaquette promotionnelle. Les jeux ne serviraient-ils qu’à propulser encore plus le département dans le créneau du tourisme de luxe pour milliardaires russes et autres familles royales alors que seulement 7% des français vont en vacances à la neige et que localement de plus en plus de famille renoncent au ski au regard des coûts ?

Pour nous, la montagne est d’abord un lieu de vie où nous devons pouvoir vivre et travailler sans avoir à supporter un coût de la vie prohibitif imposé par le tourisme haut de gamme.

Les JO sont annoncés comme une volonté de mettre en valeur les entreprises mythiques du secteur de la montagne, alors que dans le même temps le secteur industriel se délite et connaît fermetures de sites et délocalisations (SNR, Salomon, Eider…). Allons-nous bâtir des JO sur les friches industrielles de Salomon ?

Sur les financements, tant la ville que le conseil général se disent aptes à supporter les coûts d’investissements. Mais dans le même temps, le conseil général se désengage sur des dossiers sociaux et le maire d’Annecy interpelle les services « sur des besoins d’investissements supérieurs aux capacité de la ville » pour les six années à venir. Alors, double langage ? Faudrait-il se serrer la ceinture sur des besoins essentiels et immédiats et pouvoir financer 15 jours de prestige en 2018 ? Les 5000 demandeurs de logements sociaux de l’agglomération vont-ils devoir attendre ?

De plus, les JO sont présentés comme ceux du développement durable (un argument déjà utilisé pour Turin). Pour nous, le développement durable est un concept de mise en œuvre immédiate notamment en terme de logement et de logements sociaux économiques d’un point de vue énergétique et de développement de transports collectifs au lieu du tout routier actuel.

Dans ces conditions, nous n’apporterons pas notre soutien à cette démarche de candidature qui compromet la satisfaction des besoins immédiats de la population (services publics, logements sociaux, emploi, transport…) et qui de plus est dangereuse en terme de fiscalité pour les années à venir.

Nous demandons la mise en place d’une commission de suivi du dossier à laquelle nous entendons participer.