Tous et toutes ensemble on peut gagner contre Sarkozy et le Medef

Six jours avant la grande journée de grève et de manifestations du 19 mars, Fillon a annoncé qu’il n’y aura « aucune enveloppe supplémentaire » pour faire face aux conséquences sociales de la crise. 500 milliards pour les banquiers et les patrons, 2,6 pauvres milliards pour les classes populaires et pas un centime de plus… la politique du gouvernement est on ne peut plus claire.

« C’est une crise dont la dureté et la longueur ne peuvent pas encore aujourd’hui être prévues », « il n’y a pas de baguette magique pour la résoudre », ajoute le premier ministre. Il exprime ainsi l’impuissance des classes dominantes, mais aussi ce qui est leur seule politique face à la catastrophe qu’elles ont engendrée : faire le gros dos, passer la facture au monde du travail et profiter de la crise pour détruire un peu plus les protections sociales.

Pas avec des journées d’action sans lendemain…

Les journées d’action sans lendemain, aussi réussies soient-elles, ne permettront pas de stopper cette politique. Le 19 mars est pour les salariés une occasion de montrer leur force comme de se rencontrer, de débattre, de préparer des initiatives. Mais s’il n’en sort qu’un nouvel appel à une nouvelle journée de même type, sans objectifs clairs ni plan de lutte conséquent, le risque existe qu’à la longue, la répétition de telles convocations finisse par épuiser et démoraliser.

Pourtant, le potentiel de révolte et de mobilisation populaire est immense. Les postiers des Hauts-de-Seine sont en grève depuis plusieurs semaines et leur mouvement s’étend en région parisienne. La mobilisation des enseignants-chercheurs s’élargit à l’ensemble du monde universitaire, notamment les étudiants. Les plans de licenciements qui se succèdent dans tout le pays provoquent en réaction nombre de grèves, occupations, manifestations comme à Continental ou Sony.

…Mais en suivant l’exemple des Antilles

Les travailleurs et les peuples de Guadeloupe et de Martinique, en arrachant l’essentiel de leurs revendications au bout de respectivement 44 et 38 jours de grève générale, ont montré que l’on peut faire reculer le gouvernement et le Medef. Leur lutte exemplaire indique également quels sont les moyens d’y parvenir :

- Une plateforme revendicative claire, avec des objectifs précis, chiffrés, correspondant aux besoins populaires, et pas de demi-mesures.

- L’unité sur ces objectifs des organisations de la gauche syndicale, politique, associative et culturelle.

- L’unité et l’organisation également à la base, la participation massive et le contrôle actif des salariés et de la population, y compris lors des négociations, meilleur moyen de mettre la pression sur le gouvernement et les patrons.

- Et surtout, la détermination à imposer les revendications, donc à en prendre les moyens par un mouvement d’ensemble, une grève générale jusqu’à satisfaction.

La victoire aux Antilles montre la voie à suivre face au Medef et à Sarkozy, qui ne lâcheront rien de sérieux si nous ne les y contraignons pas très fortement.