A la Poste non plus, les salariés ne veulent pas payer la crise !

Une campagne, c’est la possibilité de donner la parole aux acteurs des luttes sociales, voici donc le texte de l’intervention de Jean Pierre, militant de Sud Ptt à la Motte Servolex, lors du meeting du NPA du 26 mai dernier à Chambéry (en photo une des manifs contre la privatisation à Chambéry) :

Comme n’importe quelle entreprise du privé, La Poste cherche à faire payer la crise à ses salariés.
La direction de La Poste, prétextant les temps difficiles, la baisse de l’activité dans tous les secteurs, décide de ne plus remplacer les départs en retraite des CDI comme des fonctionnaires, limite au maximum le recrutement de CDD, fait la chasse à l’absentéisme et aux collègues devenus inaptes à cause des conditions de travail, quand elle ne nous menace pas de plans de licenciements !…

Il y avait déjà des suppressions d’emplois. Maintenant, la consigne est de ne recruter qu’à titre exceptionnel.

Bref la crise sert de prétexte pour accélérer les restructurations, réduire massivement les emplois

Pour les postiers-es, cela signifie plus de charge de travail, plus d’auto remplacement lors des congés et absences, plus de polyvalence avec du travail sur plusieurs sites, des changement d’horaires.

Cela se traduit par l’intensification physique du travail, un stress toujours plus important, des dépassements horaires croissants et bien sûr non payés !
La flexibilité des horaires et des organisations de travail sans aucun égard pour la vie familiale et sociale et les conditions de travail.

Pour les usagers c’est la dégradation de la qualité de service et une accélération des fermetures de bureaux

A la distribution du courrier, sous prétexte d’une baisse hypothétique de trafic cet été et contrairement à son habitude, la direction n’embauchera pas de saisonnier pour remplacer les facteurs en congé.
Il faudra donc que les agents présents se partagent les tournées des collègues absents.
A cela vient s’ajouter des lundis estivaux où l’on se partagera 3 tournées à 2 facteurs,
Bonjour la qualité de service !!!
Et l’on nous a prévenus, selon l’évolution du trafic ces mesures pourraient perdurer !

Contre ce plan d’austérité, les facteurs isérois et savoyards se mobilisent avec les syndicats SUD, CGT et FO.
Par deux fois plus de 350 agents ont exprimés leur colère.
Le 5 mai ils ont envahis la direction du courrier pour demander des explications aux cadres de La Poste
Le 14 mai les facteurs ont bloqué pendant plus de trois heures le centre de tri de sassenage, le retardant ainsi le départ du courrier, un rassemblement a également eu lieu devant le Centre de Tri de Chambéry.

La mobilisation doit et va s’intensifier !!!
Nous n’accepterons pas que notre métier de facteur soit détruit sous prétexte de la crise. Demain nous retournons en masse nous faire entendre devant la direction de la poste, et si nous ne sommes pas écoutés de nombreux agents sont prêts à bloquer les plis électoraux !

Nous ne sommes pas les seuls en France, les postiers d’Indre et Loire, les facteurs de Corrèze, les guichetiers de Marseille et de nombreux centre de tri sont en lutte contre la dégradation des conditions de travail,

Oui La mobilisation va continuer jusqu’à satisfaction des revendications, car nous savons que ce plan d’austérité est un outil au service de la privatisation de la poste.
Nous savons aussi qu’une Poste privée n’a pas besoin de facteurs qui ont à cœur de créer du lien social, mais a simplement besoin de distributeurs de courrier flexibles et corvéables à merci.

Même si Sarkozy a provisoirement reculé, les dirigeants de La Poste restent de fervents supporters de la privatisation.
Postier et usagers, c’est le moment de reposer le débat sur la nécessité de renforcer un service public postal qui réponde aux besoins des populations et pas à des critères financiers !
A La Poste comme ailleurs, pas question de payer leur crise !