Interview d’un salarié du STAC, le réseau de bus chambérien concédé à Véolia

Suite à de nombreux incidents sur le réseau de bus à Chambéry, nous avons interrogé Claude qui est conducteur de bus et militant CGT au STAC :

Vous avez récemment exercé votre « droit de retrait » suite à une succession de problèmes, notamment de jets de cailloux sur des bus à Chambéry le Haut.
D’après le Dauphiné Libéré, la revendication de la CGT serait la création d’une police des transports ? Est ce exact ?

C’est exagéré. Aujourd’hui les contrôleurs sont débordés pour canaliser les jeunes, surtout à la fin de l’été. Les jeunes n’en peuvent plus de rien faire fin août. Ils font de la provoc dans les bus. Nous revendiquons auprès de la mairie la re-mobilisation du tissu social pendant les vacances, des centres sociaux….
Les pouvoirs publics se sont engagés à nous informer des mesures qu’ils prendraient au niveau sécurité. Vont-ils le faire ?
Par ailleurs il y a d’énormes problèmes de circulation des bus. La voirie n’est pas adaptée. Sur la ligne 1 ( Chambéry le haut ), les « dos d’âne » sont particulièrement abîmés. Dans certains endroits, 2 Bus ne peuvent pas se croiser simultanément car la voirie est trop petite. Cela accroît les risques de « caillassage » et les conflits avec les autres usagers de la route.
La clientèle a augmenté de 25% sur le réseau ces 2 dernières années.. L’offre de transport a été augmentée ( fréquence des passages ). Cela s’est traduit par une augmentation des cadences pour les personnels de conduite.
Dans le même temps, les contraintes de circulation se sont aussi accrues.
Les chauffeurs sont confrontés à de plus en plus d’agressions verbales de la part de personnes qui ne peuvent payer leur titre de transport.
Ca rend le métier dur et pas reconnu.

Quelles sont les solutions ?

A la CGT nous revendiquons un temps de pause de 20mn par service, des toilettes à chaque terminus,un plus grand respect des rythmes sommeil – travail – repas au niveau des roulements. On veut que VEOLIA applique les conclusions de l’enquête réalisée par le CHSCT et l’INRS sur la souffrance au travail. Par ailleurs Chambéry Métropole a investi 3 millions d’€ sur un système de gestion du réseau nommé SAEIV qui a pour conséquence d’augmenter les temps de conduite et la vitesse commerciale

Et que vous répond VEOLIA ?

Le groupe VEOLIA refuse toute négociation. Pourtant il n’a eu qu’à investir que 37 000 euros dans le STAC, au seul titre de son capital social. Ce modique investissement s’est révélé des plus rentables : pour les seuls exercices 2005, 2006 et 2007,
VEOLIA a empoché 805 000 euros de dividendes, auxquels il faut ajouter 1 841 000 euros prélevés au titre d’une « assistance technique » dont la réalité reste à démontrer. Comme cela ne suffisait visiblement pas pour satisfaire les appétits de l’ogre VEOLIA, le groupe a pompé dans la caisse du STAC 3 millions d’euros « d’avance de Trésorerie » à des taux d’intérêt de 1 à 3 %, bien inférieurs donc à ceux pratiqués sur les marchés. Et, cerise sur le gâteau, le groupe VEOLIA a
profité de la situation pour sous-traiter les lignes de bus du STAC à la société savoyarde FROSSARD, dont il faut savoir qu’elle n’est en réalité que l’une des nombreuses filiales de ce groupe tentaculaire !
Pour l’exercice 2008, VEOLIA affiche un bénéfice net après impôt de
468 000 euros.

Combien coûte le ticket ?

1€ 1O le ticket . Il y a différentes tarification « aidée » ( scolaires, chômeurs…) avec un système de ticket de couleur différentes selon la catégorie à la laquelle on appartient.

Donc si on comprends bien sans les transferts vers VEOLIA le billet ne devrait pas coûter 1€1O. Du coup, plus besoin de tarif aidés ... Est ce que la gratuité ne serait pas la bonne solution ?

Dans les endroits ou cela a été essayé il semble que cela ne résout pas les problèmes de violence au contraire. La CGT pense que chaque personne doit posséder un titre de transport sans préjuger du prix. Ce titre devrait correspondre à un engagement de sa part à respecter le règlement du transport et permet de l’assurer en cas d’accident pendant le transport.
Pendant la semaine de transport gratuit, on voit des gamins de 8 ans prendre le bus pour s’arrêter 2 stations plus loin. Les bus sont bondés.
Cela crée des tensions encore plus grandes avec les abonnés qui n ‘arrivent pas à se rendre à leur travail à l’heure.