Intervention d’un militant d’EDF GDF au meeting du NPA à Chambéry

Pour le NPA, les élections sont aussi l’occasion de donner la parole aux acteurs des luttes, après l’intervention d’un militant de La Poste, voici le texte de l’intervention de notre camarade Philippe, militant de la CGT EDF et animateur du comité du NPA d’Albertville au meeting départemental du NPA pour les européennes :

Bonsoir à tous, je m’appelle Philippe j’ai 50 ans je travail à EDF, enfin une filiale d’EDF , RTE et bientôt plus rien du tout car EDF souhaite se désengager à hauteur de 33% du capital…
Je suis militant syndical à la CGT dans mon entreprise, et je milite au NPA depuis le début de l’année, donc vierge en politique !
Ce choix c’est imposé à moi comme une évidence, un besoin de donner un relais politique aux luttes syndicales, surtout celles inachevées qui laissent un goût amer au fond de la gorge. Je voudrais vous parler ce soir des luttes actuelles des agents de l’énergie pour obtenir un meilleur salaire et qui comme moi ne se retrouvent plus dans cette entreprise morcelée, éclatée au bon vouloir du patronat et des gouvernements successifs de droite comme de gauche.

Pour expliquer les luttes présentes il faut remonter à 2004 et l’ouverture du capital d’EDF. Quelque chose d’inéluctable, un bien nécessaire pour le service public nous disait-on… La fin d’un monopole ou le début d’une vaste escroquerie !

« EDF bienvenu chez vous" disait la pub en 2005, souvenez-vous ! Tu parles, depuis 1946, et la loi de nationalisation des Industries Électriques et Gazières l’entreprise se payait en partie par les impôts et les taxes liées à l’achat de l’énergie fournie.
Donc en clair, c’est vous, vos parents et vos grands-parents qui avez payé l’entreprise qui est encore celle qui m’emploie aujourd’hui. C’est comme si vous achetiez une belle auto à crédit, et un mois avant la fin du crédit l’état vous prend votre voiture et vous dit « vous pourrez la conduire comme il vous plaira pour une modique somme… "bienvenus dans votre voiture !!

L’argument principal pour cette privatisation rampante, pour ne pas dire le seul était que le prix de l’énergie grâce à la concurrence, allait baisser !
Là aussi, mensonge, car depuis 2004 le prix de l’énergie gaz et électricité confondus à augmenté de 45%. L’état en 2009 et compte tenu du contexte actuel de crise ne restera pas majoritaire longtemps (84%). Le total des capitaux investi par ce même état en 2005 s’élevaient à 100 milliard d’€.

Tout bon actionnaire qui se respecte attend un retour sur investissement à 2 chiffres. Car prendre des risques à hauteur de 100 M€, et quels risques pour ce business : gérer des centrales nucléaires et vendre de l’électricité non stockable chiffré en térawatt/heure, impose donc un chiffre plus près de 30% que les 2 à 3% dégagés actuellement par l’Etat.

Alors la question que l’on est en droit de se poser, vous clients (clients c’est quand vous consommez, abonnés c’est quand on fait la grève, c’est çà la différence) et nous salariés : c’est combien ça va rapporter. Et l’on entre dans le vif du sujet et dans l’actualité de départ…

C’est ce que l’on pourrait appeler « Association de malfaiteurs ». D’un côté, la vente des bijoux de famille, de l’autre un business comme un autre. Sauf que l’énergie ce n’est pas un bien comme un autre. Ce n’est pas des patates ou du foie gras ! Comment faire du fric et rapidement ? Donc pour vendre l’entreprise il faut qu’elle soit présentable aux acheteurs potentiel et l’état y travail depuis 2004.

1ere étape le morcellement ça permet de bazarder tous ce qui n’est bancable comme la mutuelle des agents, les retraites de ces mêmes agents, confiées à la très célèbre NATIXCIS etc.…
2eme réduire l’entretien du parc. Pour ce faire les directions ont inventés une nouvelle politique de maintenance répondant au doux nom de : OMF soit optimisation de la maintenance par la fiabilité. Pour traduire : on attend que ça pète et on répare ensuite. Je ne connais la politique de maintenance chez mes collègues du nucléaire mais j’ose espérer qu’ils n’ont pas choisi celle-ci !?

Et pour finir les salaires, on fait la même chose que pour l’entretien, on attend que sa pète et ensuite on lâche des miettes. Enfin pas pour tout les salaires car le patron d’EDF, Mr Gadonneix en 2008, c’est octroyé une augmentation de 25% soit de 760M€ à 960M€ + bonus pour un salaire de 1221M€ annuel soit 101750 € mensuel ! Çà sent la retraite docteur….Et pour le patron de GDF/suez Mr CIRELLI + 185%… pour ne citer qu’eux.
Et pour les agents combien ? 0.3% nous on appel cela « du foutage de gueule ».

Je pense que vous comprendrez mieux maintenant les grèves des agents depuis + de 2 mois et la radicalité de certaines actions.

Mais au-delà des revendications sur les salaires, il y a la question du service public de l’énergie et de l’emploi. Quel avenir énergétique pour la France avec quels emplois ? Doit-on de nouveau construire un nouvel EPR pour laisser des déchets radioactifs à nos enfants et petits enfants, ou bien développer à grande ampleur le chauffage et l’éclairage propre de nos maisons grâce aux énergies renouvelables et à un coût raisonnable plutôt que d’en laisser le soin à quelques spéculateurs ?…

Idem pour les emplois, avec l’éclatement de l’entreprise c’est des équipes qui disparaissent avec leur savoir faire, remplacées par des travailleurs du bout du monde sous-payés et mal outillés (comme par exemple l’entreprise FRANSEMI qui emploi des péruviens sur les lignes THT travaillant souvent 12h par jour y compris les samedis).

Alors oui, vous et nous sommes en droit d’être inquiets pour les conditions des travailleurs dans ces entreprises ainsi que les perspectives désastreuses et irrémédiables sur l’environnement.

Pour nous comme pour vous, en 2009 comme en 2004 le slogan est clair, et toujours d’actualité « l’énergie c’est la vie, pas de place pour le profit ».