A Chambéry, les habitants expulsés des Pilos occupent un immeuble municipal abandonné


Le 17 novembre dernier, la municipalité gauche plurielle expulsait les habitant-e-s des Pilos, fermant par la même occasion un centre culturel autogéré très apprécié des chambériens (voir ici).

Malgré une première tentative illégale d’expulsion, menée tambour battant jeudi dernier et lamentablement ratée par Hoffbauer, le décidément très risible adjoint à ’la sécurité et au monde combattant" et un des responsables locaux de la police nationale , les anciens habitants des Pilos occupent désormais l’hotel Morand, un immeuble ancien laissé à l’abandon par la municipalité au cœur du centre historique.

Le NPA 73 apporte tout son soutien aux nouveaux habitants de ce joyaux du centre historique et leur souhaite de pouvoir développer dans ce nouveau lieu la même créativité autogestionnaire qu’aux défunts Pilos.

Voici le communiqué des occupants du "Carré curieux" :

Nous sommes les habitantEs de l’hôtel Morand. Ce bâtiment appartenant à la mairie est abandonné depuis 2002.

Le jeudi 10 décembre, vers 18h30, la police municipale et un conseiller municipal arrivent et constatent qu’ils n’ont plus accès aux lieux. Ils décident alors de convoquer la police nationale pour nous expulser, celle-ci invoque le flagrant délit pour intervenir. Cependant, le flagrant délit ne pouvait pas s’appliquer, car occupant les lieux depuis plusieurs semaines, nous sommes résidents de l’immeuble et, en tant que tels, nous sommes protégés par la loi ; nous leur avons donc précisé qu’ils agissaient hors des cadres prévus par celle-ci, et qu’ils s’apprêtaient à enfreindre le principe d’inviolabilité du domicile. Mais cela n’avait pas l’air de les arrêter, jusqu’à ce qu’un juriste vienne constater notre justificatif de domicile.

Au delà du fait qu’il est scandaleux qu’une municipalité qui se revendique socialiste puisse expulser des gens en hiver pour laisser un bâtiment vide, la mairie a été naïve de croire qu’il suffisait de nous déloger des Pilos avec l’aide de la police pour se « débarrasser de nous ». Nous ne voulons dormir ni dans la rue, ni dans les accueils d’urgence (plan « grand froid ») mis en place par l’état pour cacher la misère.

Nous avons donc décider d’occuper un des nombreux lieux laissés vides par la mairie pour en faire notre logement et reconstruire l’espace autogéré alternatif que nous avions mis en place aux Pilos : un Infokiosque (centre de ressources politiques), une bibliothèque alternative, un bar et resto prix libre, une salle de projection, des salles de création artistique…

Encore une fois, la mairie n’ayant aucun argument politique, elle use de l’argument de la sécurité pour justifier notre expulsion. Mais cela nous interroge, la mairie n’est-elle pas inconsciente de laisser à l’abandon un bâtiment qui risque de s’écrouler dans le centre piéton, avec la porte ouverte ? N’importe qui pouvait y accéder depuis des années. Ou ils usent de démagogie, car on peut s’interroger de la dangerosité réelle. Il n’est pas question de nier l’existence d’une poutre fragilisée (cela concerne quelques pièces que nous n’utilisons pas), mais de là à laisser entendre que le bâtiment va s’effondrer, il y a de la marge ! Les services de la mairie ont eux-mêmes mis plusieurs mois à déménager, une association y avait un local jusqu’en 2004 et le rez-de-chaussée est encore occupé par des boutiques.

Nous voulons donner vie à la ville de Chambéry et créer un nouveau lieu de rencontre entre les individus, dans des temps où cela est plus que nécessaire. Nous prenons la liberté de créer un espace réellement humain, d’entraide, de solidarité et de lutte sociale.

Le Carré Curieux