Retraites : une seule solution, construire la grève générale reconductible !

Les mensonges du gouvernement n’y feront rien, une chose est sûre : la mobilisation contre la réforme Sarkozy-Fillion-Woerth des retraites ne faiblit pas. Ce sont beaucoup de nouveaux manifestants qui ont défilé dans plus de 200 villes sur tout le territoire le 2 octobre. Les cortèges étaient différents de ceux des 7 et 23 septembre. Moins de salariés venus des grandes entreprises, mais plus de salariés de catégories, de métiers qui ne peuvent faire grève ou ne sont pas organisés syndicalement, un public beaucoup plus large, et plus de jeunes. Plus familiale mais tout aussi déterminée. En fait, il s’agit bien d’un nouvel élargissement de la mobilisation, représentatif du rejet par plus de 70% de la politique de Sarkozy.

Mais après ce nouveau succès nous ne devons pas nous arrêter là. Le gouvernement n’est pas décidé à reculer sous la seule pression de l’opinion publique exprimée par les sondages et les participations aux manifestations. La 7ème loi en 10 ans sur l’immigration, les propos racistes des ministres et même l’agitation de la menace terroriste ne permettent même pas à ce gouvernement de retrouver une quelconque légitimité.

Il faut donc franchir un pas dans la mobilisation. Pas d’autre solution pour bloquer ce plan de destruction de notre système de retraites, que de bloquer l’activité économique et sociale du pays. Le gouvernement veut nous imposer non seulement une défaite sur les retraites, symbole de son quinquennat, mais aussi continuer par la casse de la Sécurité Sociale, de l’école, de l’hôpital public, ce qui reste des 35 heures et par de nouvelles atteintes aux libertés publiques.

Les salariés de nombreuses professions, de nombreuses régions ont bien compris cette volonté du gouvernement de nous attaquer sur tous les terrains.

C’est bien pourquoi de nombreuses mobilisations se développent sans attendre les journées nationales : défilé de plusieurs milliers d’infirmiers anesthésistes vendredi 1er octobre dans les beaux quartiers de Paris, baladant la police du bistrot habituel de Sarkozy, Le Fouquet’s, au Ministère de la Santé en passant par le siège de l’UMP. Les dockers de plusieurs ports sont en grève non seulement sur les emplois et la pénibilité mais aussi, parce que pour eux aussi tout est lié, sur les retraites.
Plusieurs centaines de salariés de Ford à Bordeaux ont troublé la fête du Mondial de l’Automobile en manifestant dans le salon ce même samedi dernier, pour la sauvegarde de leurs emplois.

Certes, salariés et équipes syndicales restent marqués par les échecs et reculs des dernières années. La dernière déclaration de l’intersyndicale du 4 octobre cache mal le refus des principales confédérations d’engager l’affrontement avec le gouvernement. Mais dans les entreprises, les bureaux, les quartiers, les écoles, les hôpitaux la dégradation des conditions de vie et de travail, la politique raciste du gouvernement suscitent colère et révolte et mobilisations. Partout nous devons susciter, amplifier les mobilisations, les grèves les débrayages, les blocages.

Il ne faut plus seulement débattre de la grève reconductible mais gagner partout l’engagement de la mobilisation sur cette voie. Devant la chape de plomb médiatique qui étouffe les mobilisations, nous devons faire circuler les informations, prendre contact de secteurs à secteurs, de villes à villes.

Moins que jamais le développement de la grève reconductible ne sera le seul résultat de consignes nationales, ni de spontanéité locale. Si quelques décisions fermes sont d’ores et déjà pris dans cette direction (RATP) de nombreuses structures semblent prêtes à s’y engager (UD CGT 76, 13, Paris, intersyndicales Ville de Paris et plusieurs « territoriaux », dans l’éducation, Fédération Chimie CGT, etc.).

L’action concertée des équipes syndicales et des militants convaincus et sincèrement engagés dans la construction de l’affrontement peut modifier le rapport de forces, faire reculer le gouvernement.

Ne pas attendre le 12 octobre, ne pas s’arrêter le 12 octobre.