Cantonales 2011 en Savoie : faisons entendre la voix de la gauche de combat !

Voici l’appel du NPA 73 pour les prochaines élections cantonales de mars 2011. Ce texte a reçu le soutien des Alternatifs 73.

(en photo : Chignin, blocage du dépôt pendant le mouvement sur les retraites)

1) Une campagne pour quoi faire ?

Notre but n’est bien évidemment pas de gérer le conseil général main dans la main avec l’UMP comme le font actuellement le PS et ses alliés. Nous considérons que les institutions, telles qu’elles ont été conçues, ne pourront pas véritablement changer cette société et que seul le développement des luttes peut permettre à la majorité de la population de faire entendre sa voix, de prendre conscience de ses intérêts et de commencer à gérer ses affaires.

Toutefois, nous pensons qu’il est nécessaire que la gauche anticapitaliste et antiproductiviste soit présente à cette élection. Elle seule peut porter dans les urnes un projet réellement alternatif en toute indépendance du PS et de ses alliés. Elle seule peut aussi relayer dans la campagne les combats écologistes que les partis institutionnels ne veulent pas porter (no-TAV, JO d’Annecy etc.). Elle seule peut enfin porter dans les urnes la radicalité du combat mené cet automne contre la casse de notre droit à la retraite à 60 ans, dont Gaymard a été l’un des premiers fossoyeurs.

Pour cela, nous proposons de mettre en place des comités de campagne de la gauche anticapitaliste et antiproductiviste, qui seraient soutenus par les Alternatifs, le NPA et toutes les autres organisations qui souhaiteraient s’inscrire dans la démarche.

Nous proposons que ces comités élaborent ensemble une stratégie et un projet, qu’ils décident de candidatures issues du milieu militant et représentatives de la diversité de la société et qu’ils décident de la campagne qu’ils souhaiteraient mener.

2) Une stratégie d’indépendance

Nous voulons mener campagne contre la droite sarkoziste et l’extrême-droite, dont les idées sont aujourd’hui largement au pouvoir en Savoie, étant donné les relations très étroites que Gaymard entretient avec l’opus Dei et les milieux de l’extrême-droite catholique.

Si nous combattons la droite, nous n’avons toutefois aucune illusion dans le PS, qui vote au conseil général 99 % des dossiers présentés par Gaymard et qui ne fait pas mystère de son intention de mener une politique de droite si jamais il parvenait à emporter la présidence. Nous conserverons donc une indépendance totale envers le PS, à l’inverse de ce que font Europe écologie et le Front de gauche, dont les élus siègent aujourd’hui dans le groupe socialiste au conseil général et qui, en cas de victoire du PS, iront une nouvelle fois à la soupe et participeront à l’exécutif du département.

3) Un programme pour les intérêts de la majorité de la population

Nous utiliserons la campagne pour relayer les luttes, en les déclinant par une série de propositions concrètes, qui dessineront les contours d’une politique au service des intérêts de la population :

1) L’argent public ne devant pas servir les intérêts particuliers, nous exigeons la suppression de toute subvention directe ou indirecte aux entreprises privées, ainsi que la fermeture totale des crédits aujourd’hui affectés aux collèges privés. Cet argent sera redistribué pour la satisfaction des besoins sociaux et le développement de l’enseignement secondaire publics, auquel nous demandons que soient reversés les crédits aujourd’hui attribués à l’enseignement privé. Nous exigeons aussi le remboursement intégral des aides publiques perçues par les entreprises qui voudraient licencier.

2) Nous militons contre toute forme de productivisme. Contre l’idéologie de la vitesse, nous demandons l’arrêt de la LGV Lyon-Turin et la fin de la politique de développement des axes routiers, au profit du développement de moyens de transport de proximité. Contre l’économie touristique du tout-neige, nous soutenons les actions du Comité Anti-Olympique d’Annecy et nous militons contre le développement des grandes stations de ski prédatrices de l’environnement et pour la reconversion de l’économie montagnarde vers un tourisme populaire et des activités de proximité. Nous soutenons le développement de l’artisanat, des coopératives ouvrières et de l’agriculture paysanne. Nous nous prononçons pour la sortie du nucléaire en 10 ans et exigeons l’arrêt du transport à travers nos régions des déchets nucléaires.

3) Nous dénonçons les coupes mises en place par Gaymard dans les budgets sociaux du département, qui se sont en particulier traduites par la remise en cause des aides ménagères pour les personnes âgées ou handicapées, ou encore par la diminution des allocations mensuelles attribuées aux familles les plus en difficulté. Il est scandaleux que Gaymard, qui n’hésite pas à détourner en sa faveur l’argent public pour loger sa famille dans un 600 m2 gratos sur les Champs-Elysées, ait pu baisser les crédits affectés au Fonds de Solidarité Logement (FSL) et au Fonds d’Aide aux Jeunes (FAJ), alors qu’il a dans le même temps multiplié les postes inutiles de chargés de mission au profit de sa clientèle et accru les frais de manifestations et de réceptions, qui n’ont d’autre utilité que de faire mousser les élus.

4) Nous dénonçons la mise en place du RSA par le conseil général, qui applique petit doigt sur la couture du pantalon les orientations gouvernementales : tout ou presque est consacré au seul retour à l’emploi, sans que nul ne se préoccupe de la nature de cet emploi, ce qui favorise la généralisation de l’emploi précaire et du temps partiel subi.

Nous exigeons que les difficultés sociales et les problèmes de santé soient pris en compte pour que l’accompagnement nécessaire puisse être donné aux personnes qui en ont besoin. Plus généralement, nous dénonçons l’orientation générale du RSA, qui amène la collectivité à compenser la faiblesse des salaires versés par le patronat.

5) Nous nous opposons à la politique de casse de l’emploi public, qui s’est entre autre traduite par le développement de la précarité, en particulier mais pas seulement pour les personnels TOS travaillant dans les collèges du département. Nous dénonçons la politique des ressources humaines mises en place par le conseil général, qui s’est traduite par une augmentation de la charge de travail, par un recours accru à des personnels précaires surdiplômés et sous-payés, par le non remplacement des arrêts de travail, la multiplication des postes laissés vacants etc.

6) Face à Gaymard et à l’opus Dei, nous exigeons que le droit à l’avortement libre et gratuit soit à 100 % garanti. Nous exigeons que le conseil général engage les moyens pour assurer aux femmes leur droit à un IVG rapide, selon la méthode de leur choix (chirurgicale, médicamenteuse etc.), en les protégeant de toute forme de pression.

7 )Nous dénonçons la discrimination dont sont victimes les demandeurs d’asile et les sans-papiers qui se voient très fréquemment opposer un refus d’accès aux prestations et aux aides du conseil général.

Plus généralement, nous luttons contre toutes les discriminations, sommes solidaires de toutes les victimes de la politique raciste de l’Etat français (Roms, Sans-Papiers etc.) et de tous les peuples opprimés par l’impérialisme. Nous demandons plus particulièrement que le conseil général soutienne le peuple palestinien et sa légitime résistance à l’occupation israélienne.

8) Nous militons pour une véritable démocratie, permettant à la population d’exercer un contrôle direct sur ses affaires. Dans l’immédiat, nous nous prononçons pour la déprofessionalisation de la politique, le refus de tout cumul de mandats et le développement du contrôle de la population sur l’argent public, à commencer par les budgets sociaux qui doivent être gérés par ceux qui en ont besoin.