Le résultats des élections à l’Université de Savoie

Loi LRU oblige, les élections aux grands conseils se déroulent en ce moment dans toute la France. A l’Université de Savoie, qui regroupe les sites de Jacob-Bellecombette, du Bourget et d’Annecy, elles ont eu lieu le 8 avril. Elles constituent l’occasion de prendre le poux d’une Université qui a toujours été plutôt conservatrice.

Chez les 10 145 étudiants de l’Université de Savoie, l’UNEF (qui, en Savoie, est animée par les militants de la TUUD, opposés aux orientations de la direction) arrive en tête avec 27 % des voix exprimées. Elle est toutefois pour la première fois talonnée par l’UNI (branche universitaire de l’UMP), qui réunit 26,7 % des voix et arrive largement en tête sur le site d’Annecy. Apparu il y a seulement 6 mois, SUD Étudiant obtient 14 %, le reste des voix allant à des listes corpos. Les résultats sont toutefois très contrastés selon les UFR : en Lettres et Sciences humaines, les listes de l’UNEF et de SUD rassemblent plus des 3/4 des voix, mais seulement une voix sur quatre en Droit, Économie et Gestion.

Chez les personnels, la FSU (pour l’essentiel présente chez les enseignants) et la CGT (implantée chez les personnels non-enseignants) avaient monté des listes de lutte contre la loi LRU. Dans le collège qui regroupe les 581 BIATOSS (personnels non-enseignants), ces listes obtiennent 24,9 % des voix, le reste allant à des listes affiliées ou proches de l’UNSA. Absente chez les enseignants de rang A (qui ne représentent que 19 % de l’ensemble des enseignants), la liste anti-LRU obtient 22,5 % des voix chez les 636 enseignants de rang B, avec là encore un résultat très contrasté selon les sites (42,5 % au Bourget, mais seulement 14 % à Jacob-Bellecombette). Dans les deux collèges enseignants, le reste des voix se partage entre les deux autres listes, qui soutenaient, pour l’une, le président sortant et, pour l’autre, le vice-président sortant, tous deux ayant soutenu à des degrés divers la mise en place de la loi LRU.

Le résultat de ces élections confirme ce que l’on savait déjà : l’Université de Savoie ne figure pas dans le peloton de tête des universités les plus progressistes de France, en raison principalement du poids important qu’y occupent les filières de droit et de gestion, traditionnellement plutôt conservatrices. Au-delà toutefois de ce résultat, ces élections témoignent de l’ancrage d’un fort noyau de résistance, qui s’est cristalisé au cours des luttes contre le CPE et la loi LRU et réunit un tiers des voix chez les étudiants, un quart chez les personnels non enseignants et un cinquième chez les enseignants.