Procès de militants syndicaux à Chambéry : déclaration d’Olivier Besancenot

Déclaration d’Olivier Besancenot

Jeudi 27 janvier 2011, 5 militants syndicaux et 1 journaliste comparaitront devant le tribunal correctionnel de Chambéry. Sur la base d’une loi datant de 1845, ils sont accusés « d’entrave à la circulation des trains », pour avoir été présents le 2 novembre dernier sur les lieux d’un blocage de la gare de Chambéry, organisé dans le cadre du mouvement de grève contre la casse de nos retraites.

Ce procès s’inscrit dans la tentative du gouvernement de criminaliser la lutte syndicale. En s’attaquant au droit des travailleurs à bloquer la circulation des richesses qu’ils ont produites, le gouvernement cherche à les priver de leur seul moyen de défense, pour imposer une politique de régression sociale. Sans possibilité de bloquer l’économie, jamais nos anciens n’auraient en effet pu obtenir les acquis sociaux que le patronat et le gouvernement s’attachent aujourd’hui à nous reprendre.

Ce procès s’inscrit aussi dans une politique de remise en cause le droit à l’information, qui a amené Reporters sans frontières à déclasser la France à la 44e place dans son dernier rapport sur la liberté de la presse. Déférer en justice un journaliste, au seul motif qu’il a été présent sur les lieux d’une action syndicale, relève d’une tentative manifeste d’intimidation de la presse.
Le procès de Chambéry s’inscrit donc dans la politique gouvernementale de remise en cause de nos droits et de nos libertés. C’est pourquoi, avec l’ensemble des démocrates, je demande au tribunal de relaxer tous les accusés, dont je me déclare totalement solidaire.


15 octobre 2010, gare de Chambéry, les gardes mobiles arrêtent des lycéennes