Lettre ouverte aux militants du PCF 73, avril 2008

Comme vous avez pu le constater, durant la campagne des municipales et depuis lors, aucun numéro des Allobroges, journal du PCF 73, n’est sorti sans qu’il ne contienne un article de dénigrement à notre égard. Comme le problème semble résider dans les élections municipales, nous avons décidé d’effectuer une mise au point, en vous retraçant l’historique de nos relations avec la direction du PCF sur cette question.

1) En septembre, la direction du PCF 73 nous a écrit pour nous proposer de participer à aux réunions qu’elle menait avec le PS et les autres partis de la gauche plurielle afin de préparer les élections municipales et départementales. A sa demande, nous avions rencontrés votre exécutif pour lui répondre que nous ne nous engagerions pas dans une alliance de gestion avec le PS.

2) Comme les élections sont loin d’être notre seul sujet de préoccupation, nous avions profité de cette rencontre pour proposer à votre direction de faire des actions communes sur la franchise médicale et pour la constitution d’un collectif Palestine, ce qu’elle avait accepté. Sur la franchise médicale, nous devions travailler avec l’un de vos camarades : nous l’avons contacté deux fois, mais il nous a répondu qu’il fallait attendre et qu’il nous recontacterait, ce que nous attendons toujours qu’il fasse. Sur la Palestine, nous avons convoqué une réunion pour discuter d’un collectif : le militant qui s’est présenté à cette réunion comme le représentant du PCF a coulé l’opération, en expliquant que le collectif que nous étions censés monter ensemble ne constituait qu’une manipulation de la LCR.

3) En novembre, lorsque nous avons commencé à nous intéresser à la question des municipales, nous avons recontacté votre direction pour lui proposer de faire liste commune, sur la base d’une indépendance totale vis-à-vis du PS. C’était loin d’être une perspective irréalisable, puisque des listes LCR-PCF ont pu être mises en place, en toute indépendance du social-libéralisme, dans un certain nombre de villes (Foix, La Seyne, Mantes-la-Jolie, Béziers, Antibes etc…).

4) Sur notre demande, nous avons alors une nouvelle fois rencontré la direction départementale du PCF 73, qui a rejeté notre proposition d’alliance, en expliquant qu’elle préférait se situer dans un cadre de rassemblement de toute la gauche. Votre direction nous a toutefois expliqué que le PCF ne s’engagerait cette fois-ci dans la majorité municipale que sur un vrai programme de gauche, que les élus communistes seraient renouvelés et ne voteraient plus les mesures antisociales du PS et qu’ils n’accepteraient pas que Bernadette Laclais ou Thierry Repentin puissent être tête de liste.

5) Nous avons eu l’impression, en discutant avec des militants communistes, que la direction départementale du PCF ne leur avait jamais montré notre lettre d’invitation, ni ne les avait consultés sur notre proposition. Nous avons aussi remarqué que les Allobroges, jamais à court d’inspiration quand il s’agit de dénigrer notre organisation, n’en ont soufflé mot à leurs lecteurs. De fait, nous lisons depuis des mois, à longueur de colonnes dans les Allobroges, que la LCR a refusé de participer à une liste avec le PS, ce qui est vrai, mais nous constatons que jamais les Allobroges n’ont mentionné que la LCR avait proposé une alliance au PCF.

6) Nous avons appris en janvier que la direction du PC se trouvait en difficulté avec le PS, non seulement parce que Laclais avait refusé de s’inscrire dans le cadre de l’union de la gauche départementale, pour mieux tenter de s’allier avec la droite libérale du MoDem, mais aussi parce qu’elle avait refusé la candidature du n° 2 de votre exécutif, qui envisageait alors d’avoir un poste d’adjoint.

7) Alors que ce point ouvrait une crise dans le PCF 73, votre secrétaire départemental a téléphoné à Laurent Ripart. Le 28 janvier, soit trois jours avant la présentation prévue de notre liste à la presse (!), pour nous proposer une liste commune. Dans la conversation, votre secrétaire départemental a commencé par un grand discours sur les dérives droitières de Laclais, avant d’être finalement amené à donner la condition que le PCF mettait à un accord avec nous : obtenir, par une alliance de second tour avec Laclais, le poste d’adjoint dont rêvait votre n° 2.

8) Laurent Ripart ayant du mal à maîtriser les technologies modernes, il a envoyé à votre secrétaire départemental un SMS qui ne lui était pas destiné, dans lequel il exposait les propositions du PCF et signalait que le discours de votre secrétaire départemental l’avait amusé. Si les Allobroges ont aussitôt publié ce sms en évitant de mentionner son contexte, ils se sont en revanche bien gardés de dire que la direction de la LCR avait envoyé au PCF une lettre politique pour lui rappeler ses positions : oui un accord le plus large possible, mais sur la base d’une véritable indépendance envers le PS.

9) Nous rappelons aux militants du PCF notre position. Nous restons disponibles pour engager avec vous toute action de lutte contre la politique de Sarkozy, car c’est bien là qu’est l’urgence. Nous sommes aussi prêts à mettre en place avec le PCF de larges coalitions dans les urnes, comme nous l’avons fait avec succès dans la campagne contre le TCE, dès lors qu’il s’agit de s’attaquer à l’hégémonie du capitalisme libéral. En revanche, nous ne nous laisserons pas entraîner dans une alliance mortifère avec le PS, car nous estimons que c’est à gauche du social-libéralisme et de la gestion du système qu’il nous faut reconstruire le projet socialiste du XXIe siècle.