Présidentielle 2012 : L’inconnu Poutou (NPA) tire à tout va (France Soir du 24 novembre 2011)

Présidentielle 2012 : L’inconnu Poutou (NPA) tire à tout va

France Soir du 24 novembre 2011

Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste à l’élection présidentielle, interrogé, jeudi, sur l’attitude de sa formation après le premier tour, a indiqué qu’il choisirait de "dégager Sarkozy", même si "Hollande n’est pas la bonne solution".

Philippe Poutou, le candidat NPA, compte bien se faire entendre dans la campagne présidentielle SIPA/DUPUY FLORENT

C’est ce qui s’appelle faire une entrée fracassante. Totalement méconnu du grand public, Philippe Poutou, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), fait son entrée dans le grand bain médiatique. Par la grande porte. Car pour faire parler de soi c’est mieux. Interrogé jeudi par France Inter sur l’attitude de sa formation après le premier tour, le syndicaliste a indiqué qu’elle choisirait de « dégager Sarkozy ». Toutefois, il estime aussi que « Hollande n’est pas la bonne solution ». Les termes employés sont bruts de décoffrage et cinglants. Détonant dans un paysage médiatique habituellement totalement terne.

« Si je ne suis pas au deuxième tour - ce qui paraît le plus probable -, on dit clairement que Sarkozy, c’est l’adversaire principal et que le minimum syndical de cette élection, c’est qu’on fasse dégager Sarkozy et sa bande », a affirmé l’ouvrier et candidat trotskiste. Et de poursuivre avec la même franchise. « Au deuxième tour, il y a des chances qu’on ne reste pas spectateurs effectivement. On choisira de virer Sarkozy », a-t-il répété avant d’indiquer que « la solution Hollande, ce ne sera pas la bonne ».

Entre 240 et 250 signatures récoltées

« Moi, j’ai l’autorisation de parler comme ça, donc je parlerai comme ça car je n’ai pas envie d’avoir des embêtements. Parce que Eva Joly, elle a eu des embêtements », indique encore Philippe Poutou faisant référence au refus de l’ancienne magistrate de se prononcer explicitement pour François Hollande. Mais le candidat du NPA se déclare tout de même solidaire d’Eva Joly estimant que « les réactions du PS et de l’UMP sont déplorables ». Il a réaffirmé le choix antinucléaire du Nouveau Parti anticapitaliste, qui souhaite une sortie de cette filière « en dix ans ».

Philippe Poutou a par ailleurs indiqué avoir recueilli la moitié des 500 parrainages requis pour se qualifier à l’élection présidentielle. « On est entre 240 et 250 signatures », a assuré le successeur d’Olivier Besancenot. « On a fait une partie du boulot mais il en reste une grosse partie. Obtenir les 500 signatures, c’est une énergie considérable pour nous », vu que le NPA n’a pas d’élu, a-t-il observé. « Il y a un côté antidémocratique dans cette loi puisque c’est censé écarter les candidats fantaisistes, et nous, on considère qu’on a toute la légitimité à être présent à ces élections-là » poursuit l’ouvrier de l’usine Ford de Blanquefort (Gironde).

« C’est une bataille », a-t-il encore dit. Est-il sûr d’aller au bout ? « Plus qu’Eva Joly par exemple », a-t-il répondu. Des propos une nouvelle fois explosifs. Philippe Poutou les justifie. « Je ne connais pas le monde des politiciens. Je reste un salarié. Pour les autres candidats, la politique est un métier. Moi je ne suis qu’un militant » déclare-t-il. Avec 0% d’intentions de vote dans les sondages, l’avenir du candidat NPA est plutôt sombre. Mais ces propos ont le mérite de dérider la scène politique. Et c’est déjà pas mal.

Par Maxime Ricard