Devant le Fouquet’s, Poutou fait le vœu de "dégager Sarkozy en 2012 (Le Monde, 10 janvier 2012)

LEMONDE.FR | 10.01.12 |


Philippe Poutou, ouvrier chez Ford, syndicaliste CGT, a également dénoncé "la grosse escroquerie" de Marine Le Pen.AFP/JEAN-PIERRE MULLER

Accompagné d’une dizaine de militants munis du drapeau du Nouveau parti anticapitaliste, Philippe Poutou, leur candidat à la présidentielle, a présenté, mardi 10 janvier, ses vœux à la presse devant le Fouquet’s, dans le très chic 8e arrondissement de Paris.

"Le Fouquet’s, c’est un symbole, c’est le lieu du crime, là où Sarkozy a fêté sa victoire en 2007, a-t-il expliqué. Un de mes vœux, c’est qu’en 2012, Sarkozy et sa bande dégagent !" "Par sa bande, j’entends Morano, Hortefeux et Guéant qui sont tous aussi insupportables les uns que les autres", a-t-il ajouté. "Basta tout ça !" a-t-il lancé.

Le candidat du NPA a particulièrement ciblé le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, accusé d’avoir "couvert les violences policières à Clermont-Ferrand" où un jeune homme, tombé dans le coma après son interpellation la nuit de la Saint-Sylvestre, est mort lundi. "On demande un procès et des sanctions", a lancé M. Poutou.

Ce dernier n’a pas non plus ménagé le candidat socialiste, François Hollande, qualifié de "solution de rechange qui n’est pas la bonne solution". Le candidat anticapitaliste a également dénoncé la "grosse escroquerie" de la candidate du Front national, Marine Le Pen, qui s’est attribué le titre de "candidate des ouvriers". "Moi, je suis un ouvrier et je peux vous dire que pas mal de gens ne se retrouvent pas dans ces idées là", a-t-il jugé.


"AUGMENTATION DES SALAIRES DE 300 EUROS POUR TOUS"

M. Poutou, qui plaide pour "une explosion sociale", a défendu un "programme d’urgence" avec un "bouclier social" : "augmentation des salaires de 300 euros pour tous immédiatement, arrêt des licenciements ou encore développement des services publics."

Un autre vœu émis par l’ouvrier de Ford, qui stagne dans les sondages entre 0 et 1 % des intentions de vote, "c’est de pouvoir être présent à cette élection présidentielle". M. Poutou a expliqué que son parti avait récolté jusqu’à présent 330 promesses de signature sur les 500 parrainages nécessaires.

"C’est à peu près le niveau où on en était en 2007, a ajouté Thibault Blondin, en charge des élections au NPA, qui accompagnait le candidat. C’est un premier tour administratif qu’on nous impose." "Ce n’est pas facile mais on les aura !", a-t-il assuré. "Enfin, on espère !", a rectifié M. Poutou.

Raphaëlle Besse Desmoulières