Philippe Poutou (NPA) à Blois : " Aller vers les 32 heures " (la Nouvelle République, 21 janvier 2012)

Élection présidentielle

Philippe Poutou, candidat à l’élection présidentielle pour le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) était à Blois hier soir pour une réunion publique.


Philippe Poutou a fustigé la politique de Nicolas Sarkozy. - (Photo NR, Jérôme Dutac)

Comment passe-t-on du quotidien d’ouvrier à celui de candidat à l’élection présidentielle ?

« Je ne sais pas (rire). Pour que tout ne soit pas chamboulé, il y a besoin de garder un petit bout de sa vie au quotidien et le boulot c’est les potes, ce n’est pas que l’enfer en usine, c’est une vie sociale. Et puis il y a la vie familiale. Je ne joue pas le candidat pendant 6 mois. »

Les parrainages, vous en êtes où ?

« 360, chiffre de ce matin (hier). Il en manque à peu près 150. »

Depuis 1981 le chômage n’est pas passé en dessous de la barre de 7 %. Vous avez des solutions ?

« Oui et meilleures que les autres. On interdit les licenciements et les suppressions d’emplois dans les services publics. Et on discute d’une réduction du temps de travail. Parce qu’on a bien entendu Sarkozy hier (jeudi) qui a fait ses vœux devant le milieu économique et de l’emploi à Lyon où il a expliqué que les 35 heures étaient responsables des difficultés et en partie des délocalisations. Tout ça pour nous c’est du pipeau, c’est mensonger. Aujourd’hui, il y a du chômage, il faut répartir le temps de travail entre tous et ce n’est pas les 35 heures qu’il faut défendre, c’est plus que ça, c’est aller vers les 32 heures. Il faut répartir les richesses et le temps de travail. On a les moyens financiers pour arriver à les réaliser. Et on en revient à cette idée qu’on prend les banques en main. Tant qu’on restera dans ces rapports capitalistes de course à la rentabilité, de logique de profit de concurrence, on ne sortira pas de la crise et on le voit parce que les recettes d’aujourd’hui de Sarkozy et de Hollande et de toute la bande c’est les mêmes recettes depuis 30 ans. Les emplois jeunes s’appellent maintenant emplois solidarité ou emplois génération. Ensuite la question du coût du travail, ca revient en permanence. On va encore une fois réduire les cotisations sociales du côté du patron pas des salariés et c’est toujours les mêmes solutions et on sait très bien par avance que le chômage continuera à monter. Et quand il ne montait pas c’était par artifice. Mais on ne se fait pas d’illusion. Si je suis élu, je sais que ce sera compliqué d’imposer au Medef et au CAC 40 l’arrêt des licenciements. Ça suppose que derrière il y a un contexte social qui soit différent. »