Rassemblement contre la vidéo-surveillance à Chambéry lundi 27 février à 18h30 devant le conseil municipal

Le tract d’appel au rassemblement :

Non aux caméras dans les rues de Chambéry !

Lundi 27 février prochain, à 18h30, le conseil municipal va donner son accord de principe pour l’achat et l’installation d’un réseau de caméras de surveillance dans les rues de Chambéry (pour la bagatelle d’au moins 250 000 euros).
Nous sommes un collectif d’individus vivant dans l’agglomération, et nous n’entendons pas laisser passer cette mesure dans le silence. Nous souhaitons interpeller les usagers de l’espace public en leur rappelant les faits suivants :

La vidéo-surveillance n’a pas d’impact signifiant sur la délinquance et la criminalité

Les rapports officiels britanniques et états-uniens, pays précurseurs de la vidéo-surveillance, sont édifiants : les villes sous vidéo-surveillance n’ont connu aucune baisse relative ou absolue de la délinquance et de la criminalité, y compris en les comparant aux villes non surveillées. L’effet "dissuasif" est extrêmement éphémère. La présence de caméras n’empêche pas les délits, et la constatation "en direct" d’une infraction n’est pratiquement jamais suivie d’une intervention.


La vidéo-surveillance se nourrit de l’instrumentalisation de nos peurs

La généralisation de la vidéo-surveillance tire sa légitimité du sentiment d’insécurité, créé de toute pièce par nos dirigeants politiques et abondamment relayé par nos médias (presse locale en tête). Alors que la société est moins violente que dans le passé, le sentiment d’insécurité de la population est grossièrement entretenu à des fins électorales et financières. Cela permet à nos élus de faire passer de nombreuses lois liberticides et de mener des politiques aux relents ouvertement racistes, xénophobes et sécuritaires. La vidéo-surveillance est dans la droite ligne de ces politiques.

La vidéo-surveillance tue l’espace public

Un espace vidéo-surveillé est un espace de non-vie, arraché des mains du citoyen pour être placé dans celles du marché privé. La rue n’est plus qu’un couloir, dévolu aux touristes et aux consommateurs, qui ne sert qu’à vous transporter de votre domicile à votre magasin préféré. Les nouveaux systèmes de caméras, déja en test dans les grandes villes, permettent l’analyse de comportement : vous ne devez marcher ni trop vite, ni trop lentement. Surtout ne pas traîner, ne pas flâner, ne pas se rassembler à plus de deux personnes... De base, vous êtes suspect, et toute tentative de réappropriation de l’espace public fera de vous des coupables.
Plus que jamais, le mot d’ordre est CIRCULEZ ! Dans la rue, il n’y aura effectivement plus rien à voir.

La vidéo-surveillance, c’est nous qui la payons, ce sont eux qui en profitent

La sécurité est devenue un véritable marché ; l’argent public n’est pas perdu pour tout le monde, il fait le bonheur des sociétés privées d’équipement en caméras et logiciels de surveillance. Ce gaspillage négocié en haut lieu par les pouvoirs publics et le lobby du sécuritaire est officialisé par le Fonds interministériel pour la prévention de la délinquance (FIPD) qui octroie aux municipalités des enveloppes à ne dépenser exclusivement qu’en équipement de vidéo-surveillance. Une fois ces caméras installées, leur inefficacité permettra de légitimer de nouvelles dépenses en matériel toujours plus perfectionné, en achat de logiciels toujours plus efficaces... Bref une économie basée sur du vent, une machine à spéculer dont vous serez les principaux financeurs sans jamais en voir les dividendes.

La vidéo-surveillance nous offre un sentiment de sécurité illusoire, en réponse à l’insécurité fanstasmée de notre quotidien, et ce à nos frais et au profit de quelques-uns. Nous vous invitons à venir avec nous faire entendre nos voix et provoquer un débat public le jour du conseil municipal, le lundi 27 février.