La tournée Poutou du facteur Besancenot (La Charente Libre, 05 avril 2012)

Olivier Besancenot a posé des congés pour soutenir Philippe Poutou. Photo AFP

Demandez à Olivier Besancenot les raisons de son implication grandissante dans la campagne de Philippe Poutou et vous aurez une réponse invariable : « Je viens donner un coup de main militant au moment où l’égalité des temps de parole offre davantage de visibilité au NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). Je suis le facteur attitré de Philippe et j’en suis fier ».

Ce mardi soir, le candidat de l’ancienne LCR qui avait obtenu plus de 4% aux présidentielles de 2002 et 2007 tenait meeting à Pantin, dans une petite salle polyvalente en bordure du périphérique parisien. L’assistance est maigrichonne : une petite cinquantaine de personnes dont Brigitte, une « communiste » qui « vote Mélenchon » venue demander « à Olivier pourquoi continuer à refuser l’union de la gauche avec des sondages aussi nuls pour Poutou ? » (Ndlr : 0,5%).

« Troisième tour social »

Introduit par un jeune ânonnant son texte, mais ne manquant de le saluer comme « une personnalité politique de premier plan », Besancenot se lance dans un « stand up » improvisé. Pendant plus d’une demi-heure, il déroule les formules-choc contre une « campagne électorale dévoyée en enquête policière avec Sarkozy et Guéant se mettant eux-mêmes en scène ». Il convient certes que « l’urgence absolue est de battre Sarkozy » mais refuse toute « alliance avec une gauche socialiste qui a déjà programmé la rigueur ».

Poutou qui « bafouille » à la télé : « Il faut assumer cette fragilité que j’ai aussi connue en 2002. C’est le prix de notre indépendance ». La défection récente de plusieurs dirigeants du NPA en faveur de Mélenchon : « Un phénomène marginal ». Toujours souriant, Olivier Besancenot a réponse à tout. Depuis la validation des parrainages de Philippe Poutou, le facteur de Neuilly a posé des congés pour se mettre au service de celui qui l’a remplacé après son annonce surprise de ne pas se lancer dans une troisième présidentielle. Besancenot est désormais omniprésent sur les radios et les chaînes télé d’infos en continu. Avec un double argumentaire. La nécessité de « préparer le troisième tour social » avec, en cas de victoire de Hollande, la reconstitution d’une « force à la gauche de la gauche institutionnelle » dans laquelle l’ancien allié Mélenchon serait « le bienvenu ». La pertinence du choix « d’un ouvrier » de l’automobile pour porter les couleurs du NPA répondant à l’impératif « de rompre avec une politique professionnelle » qu’il regrette d’avoir un temps « incarné ». Même si son retour à l’avant-scène sonne comme un aveu d’échec de cette stratégie.