Le nouveau parti anticapitaliste est en marche !

L’appel issu de la réunion nationale des comités pour un nouveau parti anticapitaliste du week end dernier à St Denis :

Nous sommes des milliers de travailleur-s-es, des villes et des
campagnes, avec ou sans emploi, avec ou sans papiers, des jeunes,
des retraité-e-s, des précaires, des militant-e-s politiques,
associatifs, syndicaux, nouveaux ou anciens, en train de concrétiser
ce projet.

Il regroupe aujourd’hui plus de 300 comités et la dynamique se
renforce. Elle est le résultat d’une prise de conscience : on ne
peut plus laisser faire un système capitaliste mondialisé qui
conduit le monde dans le mur ! Entré dans une crise économique,
financière, énergétique, alimentaire dont nul ne peut prédire les
conséquences, ce système met plus que jamais la seule recherche du
profit au centre de ses décisions au mépris de millions de vies. Les
grands équilibres écologiques sont menacés. Parce qu’il est à la
source du problème, le capitalisme, comme tous les systèmes
productivistes, est incapable d’y apporter une solution. Dans un
monde où les inégalités se creusent, les émeutes de la faim se
généralisent, conséquence de la politique des grandes puissances
impérialistes, des institutions à leur service (FMI, OMC...) et de
la spéculation honteuse sur les produits de première nécessité. La
guerre « sans limites » décrétée par Bush et ses alliés dont la
France, étend ses horreurs à travers le monde.

Ici, Sarkozy et le Medef multiplient les attaques qui traduisent
l’arrogance des puissants. Rarement la politique de la droite a été
aussi ouvertement agressive envers l’immense majorité de la
population. Rarement les possédants, les actionnaires, le patronat
se sont montrés aussi avides de profits au mépris du bien-être
élémentaire des populations. Oui, l’exaspération est partout, contre
la mise en cause des acquis, des solidarités, des services publics,
la difficulté à « joindre les deux bouts », contre la dégradation
des conditions de vie et de logement, le racisme et les
discriminations, les politiques sécuritaires… Il ne faut pas
gaspiller les potentialités de cette exaspération en se prêtant au
jeu de dupes du « dialogue social » avec le gouvernement, par la
division, les journées de grève saucissonnées, secteur après
secteur. Ici et maintenant, nous pouvons réagir ! Un « tous ensemble
 » déterminé et unitaire, la généralisation des luttes et des grèves,
voilà ce qu’il faut pour battre le gouvernement et ses contre-
réformes !

Pour peser dans ce sens, il faut regrouper nos forces dans un parti
qui ne lâche rien, n’abandonne personne. Il n’est pas possible de
rassembler dans un même parti ceux qui veulent en finir avec le
capitalisme et ceux qui s’en accommodent. Il n’est pas possible de
rassembler dans un même gouvernement ceux qui défendent les droits
des travailleurs et ceux qui défendent le pouvoir des actionnaires,
ceux qui veulent rompre avec les politiques libérales et ceux qui
les mettent en pratique, ceux qui veulent construire une Europe des
travailleurs et les plus zélés artisans de l’Europe de la libre
concurrence et du profit. C’est pourquoi nous voulons un parti
totalement indépendant du Parti socialiste, un parti qui défende
jusqu’au bout les intérêts de tous les exploité(e)s.

Nous vous appelons à construire toutes et tous ensemble une gauche
qui ne renonce pas, une gauche de combat, anticapitaliste,
internationaliste, antiraciste, écologiste, féministe, révoltée par
toutes les discriminations. Pour changer le monde, il nous faut un
parti qui se bat jusqu’au bout contre le système, pour la
transformation révolutionnaire de la société. La gauche que nous
voulons doit s’organiser à l’échelle internationale et notamment
européenne, être présente aux élections sans jamais oublier que ce
sont les mobilisations sociales, culturelles et écologistes qui
imposeront le changement.

Avec la mémoire des expériences passées, nous allons élaborer
ensemble, en prenant le temps du débat, une nouvelle perspective
socialiste démocratique pour le 21ème siècle. Nous n’avons pas de
modèle, et surtout pas les régimes prétendument « communistes » du
siècle dernier, mais nous avons des objectifs. En finir avec la
dictature que le capital impose à l’économie et à la société toute
entière, pour construire la démocratie la plus large que l’humanité
ait jamais connu, où la « main invisible du marché » sera remplacée
par des décisions collectives.

Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir répondre à ce défi.
Individus, équipes militantes, courants politiques révolutionnaires,
libertaires, communistes, socialistes, écologistes, antilibéraux,
continuons à nous rassembler !… Dans son village, son quartier, son
entreprise, son lieu d’étude, chacune, chacun peut et doit apporter,
à son rythme, sa pierre à la construction de cet outil pluraliste et
démocratique. La réussite est à notre portée.

En avant !

St Denis, le dimanche 29 juin 2008