Législatives : notre campagne, nos résultats (Tout est à nous, 13 juin 2012)

Nos résultats ne sont pas bons. Nous ne dépassons 1 % que dans une vingtaine de circonscriptions. Encore plus que lors de la présidentielle, la logique du mode de scrutin majoritaire antidémocratique et du vote utile a capté l’électorat autour des enjeux des partis institutionnels : donner une majorité à Hollande, arbitrer les rivalités entre la droite et l’extrême droite. Ces enjeux, bien loin des préoccupations du monde du travail, expliquent une abstention record en particulier dans les quartiers et dans la jeunesse. Dans ce contexte, voter pour les candidats anticapitalistes ne pouvait avoir d’autre utilité que d’exprimer une opinion, cela ne permet pas de peser dans le jeu institutionnel. Le Front de Gauche est lui aussi victime, plus qu’à la présidentielle, de cette logique du vote utile

Mais si la crédibilité des idées que portent les anticapitalistes est bien faible sur le terrain institutionnel, le courant politique bien réel et vivant bien que très minoritaire, la force que nous représentons peuvent, demain, jouer un rôle déterminant, comme en atteste la sympathie que nous avons rencontrée durant ces semaines de campagne.

Tous les mauvais coups, « suspendus » par l’élection présidentielle, surgissent de plus belle. Le chômage continue de progresser alors que la crise s’aggrave. Une période difficile commence. La pression de la crise et les illusions dans le PS vont renforcer, dans un premier temps du moins, l’attentisme. Mais la nécessité d’une autre politique est inscrite dans cette situation. Il est urgent de ne pas laisser l’opposition au gouvernement Hollande-Ayrault à la droite et l’extrême droite et de construire une opposition de gauche au futur gouvernement. Tout en nous concentrant sur les tâches de construction et en étant présents dans les mobilisations, nous proposons cette démarche à tous les partis et organisations du mouvement social qui partagent cet objectif : refusons de payer la crise des capitalistes !

Savoie : des résultats sans rapport avec le dynamisme de la campagne

Les candidatEs du NPA en Savoie obtiennent 0, 64 % dans la 2e circonscription (Oriane Champanhet), 1, 05 % dans la 1re circonscription (Myriam Combet) et 1, 09 % dans la 4e circonscription (Laurent Ripart). Notre camarade Régis Moulard, des Alternatifs, avec qui nous avions présenté des candidatures communes, obtient 0, 63 % dans la 3e circonscription. Ces résultats très médiocres sont en décalage avec la campagne assez dynamique que nous avons menée et pour laquelle nous avons bénéficié de la participation plus ou moins active de nombreux sympathisantEs.

Ce décalage entre nos résultats et la sympathie que nous avions pu percevoir dans la campagne vient de notre échec à convaincre l’électorat populaire de l’utilité du vote anticapitaliste.

Le cas de Chambéry est emblématique, où nous obtenons 1, 4 % des voix, une moyenne qui cache des résultats très contrastés. Pour la première fois de notre histoire, nous obtenons nos plus mauvais scores dans les quartiers populaires, où nous n’atteignons que rarement le seuil de 1 %, y perdant environ 80 % des voix qui s’étaient réunies sur nos candidatures lors des régionales de 2010. En revanche, nous dépassons le seuil de 2 % dans les bureaux du centre de Chambéry, où nous avons conservé le soutien d’un électorat fortement politisé qui apprécie le travail que nous menons localement.
Ces élections ferment ainsi une période, durant laquelle notre échec à battre dans la rue le gouvernement Sarkozy aura amené les classes populaires à utiliser le bulletin de vote socialiste pour dégager la droite.

Une nouvelle période s’ouvre, durant laquelle l’enjeu sera de prendre de vitesse le Front national qui réalise une réelle et très inquiétante percée dans les quartiers, se positionnant ainsi pour recueillir le fruit des désillusions des classes populaires.